Témoignage d’une stagiaire Eclosio au Sénégal 2018

Février 2018, me voilà posant le pied sur le territoire Sénégalais pour 4 mois. Au programme : découverte d’un nouveau continent, d’une nouvelle culture et d’une nouvelle façon de voir le monde. Mais avant tout, immersion au sein de la population locale afin de mener mes enquêtes pour mon mémoire. En un mot : une expérience hors du commun, hors des sentiers battus et du confort qu’on connait.

Pour me présenter brièvement, je suis étudiante en dernière année d’un master en agronomie spécialisation environnement à la Haute École Charlemagne de Huy. Dans le cadre de mon mémoire de fin d’études, je souhaitais acquérir une expérience à l’étranger. Adhérant tout de suite à la vision d’Eclosio et des actions que l’organisme mène dans une logique de gestion durable des ressources naturelles et de développement économique générateur d’autonomie et de solidarité, je me suis naturellement orientée vers eux pour réaliser mon mémoire. Je me suis ainsi retrouvée au Sénégal pour mener une étude sur les besoins en bois des populations de la Réserve de Biosphère du Delta du Saloum et de la capacité des plantations d’Eucalyptus camaldulensis à y répondre.

À la découverte d’une autre culture

Ce stage au Sénégal m’a permis d’aborder une autre culture avec une vision différente de ce que mon éducation occidentale ne m’avait jamais enseigné. Cela ne s’apparentait ni à des vacances ni à une détente et la dure réalité du terrain me rattrapait parfois. Il faut être préparé à affronter quotidiennement la chaleur, la vision de la pauvreté, les insectes, la barrière de la langue, etc.  Pendant tout mon séjour, mes repas furent constitués presque exclusivement de riz et de poissons. Je m’y suis vite habituée, mais ce serait mentir de dire que parfois je ne rêvais pas d’un bon steak frites ou d’un petit bout de fromage. Les moustiques m’ont également accompagné tout au long de mon séjour, curieux de voir à quoi ressemblait la vie d’une Belge au Sénégal. Mais outre cela, je retiens surtout l’hospitalité des Sénégalaises et Sénégalais. Avec Évelyne, une autre stagiaire d’Eclosio, nous avons été chanceuses d’être accueillies dans une famille sénégalaise où nous étions considérées comme des membres à part entière.  Cela m’a permis de voir de plus près la vie d’une famille nombreuse, de percevoir l’importance de la religion et surtout d’apprendre ce qu’est la « Teranga sénégalaise ». Après le terrain et de longs trajets en moto ou en pirogue, les moments de détente avec un verre d’Attaya (thé en sénégalais) à la main étaient toujours appréciés à leur juste valeur.

Un enrichissement professionnel

Travailler au sein de l’ONG Eclosio m’a également permis d’avoir un sentiment nouveau de satisfaction lorsqu’on partage avec les villageois·e·s et qu’ils vous font part de leur gratitude. Cette vision nouvelle permet d’avoir une image différente du monde et une ouverture d’esprit plus large. Ce stage m’a également permis de voir la complexité des choses, à ne pas s’arrêter aux difficultés rencontrées et d’approfondir les sujets d’études et d’expérimentations. Le stage a été caractérisé par une grande autonomie et des prises de décisions, d’initiatives. Ce contexte aura permis de m’affirmer dans mes choix, de me poser les bonnes questions « du pourquoi je fais cela » et de me remettre en question quant aux choix et à la mise en œuvre de mon stage.

Étant constamment en contact avec les populations locales, j’ai du également faire preuve d’une bonne communication. Établir un questionnaire et le remplir nécessite de savoir pourquoi on fait cela, quelles sont les bonnes questions à poser au bon interlocuteur et interlocutrices et ce que cela peut apporter aux deux parties. Afin de concevoir la méthode, il est essentiel de préparer le terrain et d’avertir de son arrivée. J’ai donc appris qu’il est coutume d’aller voir le chef de village pour lui expliquer le projet, lui faire comprendre l’intérêt pour les villageois·e·s du respect de la nature et des études menées dans ce sens et obtenir son autorisation pour interroger « ses villageois·e·s ». Le respect du protocole est très important et seul garant de succès. Il convient ensuite de diffuser le même message auprès des villageois·e·s qui ont également le droit de connaître les raisons de notre intrusion, le bien-fondé de la recherche et le bénéfice qu’ils peuvent en tirer. J’ai donc développé un système de communication respectueux des populations locales, capable de les convaincre de la pertinence de notre point de vue et ainsi légitimer notre intervention.

Par ailleurs, la récolte de données dans des conditions précaires nécessite une rigueur absolue dont les résultats ne peuvent être interprétés qu’en les corrélant à d’autres facteurs qui influencent les réponses obtenues.

Le stage réalisé au sein d’Eclosio m’a finalement permis de percevoir le fonctionnement d’une ONG dans le monde de la coopération, avec ses acteurs, ses contraintes, ses forces et ses faiblesses, son côté décourageant, mais aussi et surtout l’espoir qu’il peut susciter. Impliqué à la base même du fonctionnement de l’ONG et du travail de terrain, j’ai réalisé la réalité du monde qui nous entoure et l’immensité du travail qui attend notre génération et celles qui nous suivront.

J’ai en effet découvert la satisfaction que l’on peut ressentir en coopérant avec les populations défavorisées et en travaillant pour le bien de la nature et de l’environnement, les deux facteurs étant bien sûr étroitement liés.

Futur stagiaire ? Voici quelques conseils…

Si tout comme moi, vous êtes tentés par l’expérience d’un stage à l’étranger, Eclosio est une ONG qui vous permet réellement d’être immergé dans le contexte local des pays d’interventions. C’est une expérience incroyable. Cependant, pour en profiter pleinement, il faut oser sortir de sa bulle de confort pour aller vers l’inconnu. C’est la meilleure méthode pour se découvrir pleinement ainsi que la culture locale. Soyez également prêts à travailler en autonomie et préparez bien votre travail avant votre départ afin de rentabiliser au maximum votre temps là-bas. Vous verrez, le temps passe plus vite que ce qu’on pourrait croire.

Sandrine Van den Bossche – Stagiaire chez Eclosio (2018)